Milkymoon

« Un mot ne semblait qu'un mot au premier abord, mais je me méfiais beaucoup des mots. » GIONO


"Tout mentait ! Chaque sourire cachait un bâillement d'ennui, chaque joie sa malédiction, tout plaisir son dégoût." Madame Bauvary - Flaubert

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J'ouvre une mini parenthèse autour du challenge ABC. Tout d'abord merci pour les idées que vous m'avez proposées, pour certaines ça a été une excellente découverte (exemple : Lettre d'une inconnue) ! Ca avance pas trop mal, j'suis assez fière :B. Mais venons-en au problème : après avoir parcouru pas mal de blogs et autres sites littéraires, je n'arrive toujours pas à trouver d'auteur en :
X
qui m'intéresse. Y'a bien Françoise Xénakis, ou Xinran, mais tout le monde a lu ça, j'ai envi de découvrir autre chose. Oui, j'suis difficile, mais personne n'aurait un livre sympa à me proposer :D ? Même question pour un auteur en :
H
; alors là oui y'a Hugo, mais si possible pas un pavé si vous voyez de que je veux dire.

A part ça, je voulais lire Entretien avec un Vampire de Anne Rice, vous m'avez toutes donnée envie c'est malin ! mais impossible de trouver ce livre ; ni en  librairie, ni en bibliothèque, ni chez des amis, NULLE PART.  Quelqu'un a-t-il une explication ? Ce livre sera-t-il re-disponible ? Ou bien c'est juste que j'ai pas assez ouvert mes yeux ?

Mots-clés :

Publié dans : Théâtre

http://milkymoon.cowblog.fr/images/artt.jpgArt
Yasmina Reza
1994

Challenge ABC : 19/26

Résumé
Marc est invité par son ami Serge à venir voir sa nouvelle acquisition : un tableau blanc avec de fins liserés blancs transversaux. Une toile d'environ un mètre soixante sur un mètre vingt peinte en blanc que Serge vient d'acheter 200 000 francs. Atterré par cet achat, Marc s'interroge et va trouver Yvan, leur ami commun, pour lui faire part de son incompréhension à propos de ce geste. Entre les trois amis s'engage alors une discussion qui ira bien au-delà de la seule question de l'art contemporain...

Avis
Une pièce drôle, qui traite d'un sujet d'actualité. On a tous notre propre opinion sur l'art contemporain. Certains le jugent absurde, inutile, d'autres y voient le summum de l'expression artistique. Eh bien cette pièce fait le tour de la question avec les personnages de Marc, Serge et Yvan qui adoptent chacun une position différente face au "tableau blanc avec de fins liserés blancs transverseaux." Mais cette discussion les mènera bien plus loin, et analysera les fondements de leur relation.

En résumé : une pièce "modernissime" (pour faire un clin d'oeil au texte), qui dépeint avec humour l'art contemporain.

Extraits
"Il faut toujours surveiller ses amis, sinon ils vous échappent."

"La surprise est une chose morte à peine conçue."

"Je veux être votre ami, Yvan le farfadet."

Représentation
J'ai trouvé une représentation filmée de la pièce en ligne, avec Pierre Arditi, Fabrice Luchini et Pierre Vaneck. Un plaisir de voir leur jeu, si vous n'avez rien à faire je vous la conseille !

http://milkymoon.cowblog.fr/images/art.png

Publié dans : Romans XX°

http://milkymoon.cowblog.fr/images/vian.jpgL'Arrache-coeur
Boris Vian
1953

Challenge ABC : 18/26

Quatrième de couverture
Voilà un coin de campagne où l'on a de drôles de façons...La foire aux vieux, par exemple. Curieuse institution ! On sait bien aussi que tous les enfants peuvent voler comme des oiseaux dès qu'ils étendent leurs bras - mais est-ce une raison suffisante pour les enfermer derrière des murs de plus en plus hauts, de plus en plus clos ? Le psychiatre Jacquemort se le demande - puis ne se le demande plus, car il a trop à faire avec la honte des autres, qui s'écoule dans un bien sale ruisseau.
Mais nous, qui restons sur la rive, nous voyons que Boris Vian décrit simplement notre monde. En prenant chacun de nos mots habituels au pied de la lettre, il nous révèle le monstrueux pays qui nous entoure, celui de nos désirs les plus implacables, où chaque amour cache une haine, où les hommes rêvent de navires, et les femmes de murailles.

Avis
Ce fut un plaisir de retrouver cette même poésie que dans l'Ecume des jours, livre qui m'avait fait découvrir Vian. Un univers déboussolant, déstabilisant (une foire aux vieux, des enfants qui volent, des spectacles de Luxe ; on a jamais vu ça) où l'imagination s'immisce dans la réalité. Ce mélange de poésie et de noirceur à la fois, peut-être même encore plus accentué ici quand dans l'Ecume des jours, détourne la réalité pour en proposer une autre, mais bien plus proche de nous qu'elle n'y paraît.

Au début, on est un peu choqué de ce qui se passe au village, il y a un ou deux passages vraiment durs à lire. On a le même regard que Jacquemort, qui découvre avec horreur et honte le fonctionnement du village. Mais le plus effrayant c'est que personne hormis le nouveau venu ne semble être gêné de frapper les apprentis, de torturer les bêtes, etc. Puis au fur et à mesure, tout comme Jacquemort, on s'habitue. J'ai trouvé la fin un peu plus lente, et surtout concentrée sur les enfants de Clémentine, le village et le psychiatre étant mis de côté.

J'ai adoré les délires de Vian avec la langue, comme par exemple son emploi excessif du trémas sur tous les noms "Citroën, Jeän, La Gloïre, l'Hömme...", ainsi que certains néologismes comme le mélange des mois : " 87 avroût, 132 juillembre..." qui donne au temps une dimension longue, longue, et déréglée comme tout le livre.

Je n'ai pas vraiment réussi à comprendre le titre. L'"arrache-coeur". S'agit-il de Jacquemort, psychiatre "vide" et qui a besoin de psychanalyser les gens pour se remplir ? Ou bien de Clémentine, qui aime tellement ses enfants qu'elle les enferme de peur qu'il ne leur arrive quelque chose ? S'agit-il des villageois, sans aucune valeur morale, qui payent La Gloire pour avoir honte à leur place ? En fait, ça doit être tout cet univers...

En résumé : Encore un magnifique mélange de poésie et de noirceur que nous livre Vian pour décrire la réalité profonde de notre monde.


Citations
"Il était follement simple." Et plus loin : "voluptueusement banal."

"C'est une église, pas un arrosoir."

"On ne reste pas parce qu'on aime certaines personnes ; on s'en va parce qu'on en déteste d'autres."

"Ses feuilles en lame de poignard."

Mots-clés : Vian, Challenge ABC

Publié dans : Romans XXI°

http://milkymoon.cowblog.fr/images/nothomb2.gifRobert des noms propres
Amélie Nothomb
2002

Quatrième de couverture
" Pour un écrivain, il n'est pas de plus grande tentation que d'écrire la biographie de son assassin. Robert des noms propres : un titre de dictionnaire pour évoquer tous les noms qu'aura dits ma meurtrière avant de prononcer ma sentence. C'est la vie de celle qui me donne la mort." Amélie Nothomb

Avis
Je ne m'attendais pas du tout à cette histoire après avoir lu le résumé. Je ne suis pas déçue, loin de là, c'est d'ailleurs encore une fois une excellente lecture que m'offre Amélie Nothomb. Je m'attendais peut-être à plusieurs possibilités prénoms, ce qu'ils auraient sous entendus, mais pas non plus de manière à en faire une liste. Enfin bref, je me suis quand même régalée, alors que j'étais plus restée sur ma fin avec ma dernière lecture, Les combustibles.
J'ai remarqué qu'on retrouvait fréquemment les mêmes caractéristiques chez les personnages de Nothomb. C'est normal me direz-vous. Ici, l'héroïne (qui répond au doux nom de Plectrude) encore enfant éprouve un dégoût, un rejet de la puberté. Ca ne vous rappellerait pas un certain Prétextat Tach dans Hygiène de l'assassin ? Plectrude m'a aussi rappelé un personnage dans Le Sabotage amoureux : Elena, qui est pour Amélie le centre du monde, la beauté même, qui suscite l'admiration de tous sous des airs d'indifférence. Pour continuer la comparaison entre ces deux livres, on y trouve la même cruauté de l'enfance, excusez moi pour ce terme mais c'est vraiment comme ça que je le perçois dans ces deux livres. On retrouve toujours aussi des personnages charismatiques, voire égocentriques, et bien sûr toujours cette envie de se tirer une balle à la fin du livre.
Dans Robert des noms propres, j'ai bien ri quand l'auteur s'inclut dans son propre roman : "Plectrude rencontra Amélie Nothomb." Appelez ça culot, appelez ça audace, elle m'impressionnera toujours.
A la fin du roman on comprend mieux le choix du titre. Plectrude se donne comme nom de scène "Robert". Pour la petite histoire ; ce nom fait directement référence à la chanteuse RoBERT pour qui Nothomb a écrit quelques textes, et à noter que l'album en question s'appelle Celle qui tue, directement en lien avec l'histoire de Plectrude.

En résumé : Encore une très bonne lecture que m'offre Amélie Nothomb, je n'en attendais pas moins et n'en demande pas mieux.

Extraits
"Il n'est qu'une clef pour accéder au savoir, et c'est le désir."

"Avis à ceux, s'ils existent, qui ne verraient encore en Ionesco qu'un auteur comique."

"Quand elle se fut composé un maquillage de fée tragique, elle se plut et décréta qu'elle pouvait se suicider sans rougir."

Mots-clés : Nothomb, Ionesco

Publié dans : Romans XXI°

http://milkymoon.cowblog.fr/images/teule.jpgLe magasin des suicides
Jean Teulé
2007

Challenge ABC : 17/26

Quatrième de couverture
Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort !
Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre...

Avis
L'autre jour, quand je suis allée acheter Le Magasin des Suicides et L'arrache-coeur, ma mère m'a demandé si j'allais bien. Mais vous l'aurez compris, ce titre est trompeur, et l'auteur lui-même joue avec ses clichés de famille lugubre et dépressive qui vend du cyanure et des lames de rasoir. A mon sens, le pessimisme qui pèse sur la famille n'est que le reflet du pessimisme que nous adoptons quotidiennement (" 'font chier les cours, putain il pleut, avance trou duc' "...). Un humour noir que j'ai donc beaucoup apprécié, malgré une écriture qui parfois m'a parue trop "enfantine".
Le magasin des suicides se situe dans une époque futuriste où les informations à la télé sont en 3D, où la couche d'ozone a quasiment disparue, l'avancée du désert menace les villes, et des pluies toxiques s'abattent fréquemment. Etant donné l'état actuel du monde, c'est ce qui s'appellerait l'ironie du sort.
Pour terminer, la fin est vraiment surprenante, mais je vais m'arrêter là pour vous laisser en suspens hé ouais.

En résumé : Une histoire surprenante dans un cadre hors du commun, qui n'est selon moi que le reflet de notre époque.

Extraits
"Combien de fois faudra-t-il te le répéter ? On ne dit pas "au revoir" aux clients qui sortent de chez nous. On leur dit "adieu" puisqu'ils ne reviendront jamais."

"- Est-ce qu'on peut payer...
- A crédit ? demande le commerçant. Chez nous ? Vous plaisantez, pourquoi pas une carte de fidélité !"

Mots-clés : Teulé, challenge ABC, fin

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