"Plus de ces morceaux d'une éloquence sublime, plus de ces productions marquées au coin de l'ivresse et du génie : tout est raisonné, compassé, académique et plat." Jacques le Fataliste - Diderot

Publié dans : Romans XXI°

le 31/1/11

http://milkymoon.cowblog.fr/images/couverturenouslesdieuxlesouffledesdieux.jpgLe Souffle des dieux
Bernard Werber
2005

Quatrième de couverture
Et vous, à la place de Dieu, comment referiez-vous l'Histoire ?

Avis
Me revoilà avec le 4eme tome de cette fabuleuse épopée où nous retrouvons Michael Pinson et tous ses potes dieux en Aeden. Mon avis sera très bref : ce tome est le second du Cycle des dieux. Le cadre est le même, l'intrigue est la même, l'enjeu est le même : en d'autres termes, c'est une suite. Mon avis est donc le quasiment le même que pour Nous les Dieux. Les batailles entre peuples m'ont aussi peu intéressée que la dernière fois, les Maitres dieux m'ont parus aussi caricaturaux que la dernière fois (encore qu'à la fin on a une explication pour ça).

A quelques différences près : dans ce tome-ci m'est apparue plus clairement une idée qu'on trouve déjà dans Nous les Dieux. L'idée que l'humanité est un spectacle créé dans le seul but de divertir les dieux. Et même le 8, que Michael rencontre à la fin, confirme cette idée : les dieux sont eux-même un spectacle pour lui. Tout dans l'univers est spectacle pour quelques observateurs, tout dépend d'où on se trouve sur l'échelle. En partant de ce raisonnement, le 8 dont je viens de vous parler (ben oui, c'est évident depuis le tome 3 qu'il existe) doit bien être le divertissement de quelque chose d'encore supérieur, un 9 peut-être.. ?


Petit rappel sur la symbolique des chiffres, qui est primordiale pour comprendre ces volumes (extrait tiré du volume 5) :
→ Les lignes horizontales = signe de l'attachement
→ Les courbes = signe de l'amour
→ Les croix = les signes du carrefour ou de l'épreuve

Ainsi :
0 : L'oeuf cosmique
1 : Le minéral. Un trait vertical. Pas de trait horizontal donc pas d'attachement. Pas de courbe, donc pas d'amour. La pierre n'est liée à rien et n'aime rien. Pas de croix donc pas d'épreuve
2 : Le végétal. La vie commence. Le trait horizontal en bas signifie l'attachement de la plane au sol. Elle ne peut bouger, fixée à la terre par sa racine. La courbe supérieure signifie l'amour qu'elle porte au ciel, au Soleil, à la lumière. Elle est liée au sol, aimant le ciel.
3 : L'animal. Deux courbes. Il aime le ciel, il aime la terre, il n'est fixé ni au ciel ni à la Terre. En fait l'animal c'est la bouche qui embrasse sur la bouche qui mord. Il n'est que pure émotion. Il ne vit que dans la peur et le désir, sans attachement.
4 : L'homme. Le croisement. Le carrefour entre l'animal 3 et la phase supérieure.
5 : L'homme conscient (le sage). C'est l'inverse du 2. Une barre en haut signifie qu'il est lié au ciel, une courbe en dessous montre qu'il aime la Terre. Il plane et observe l'humanité avec recul pour la comprendre et l'aimer.
6 : L'ange. Une courbe d'amour montant vers le ciel en spirale. Il est pure spiritualité
7 : L' élève dieu. Une croix. Encore un croisement. L'inverse du 4. L'élève dieu est le carrefour entre l'ange et le niveau au-dessus.
8 : Le dieu créateur. Une boucle infinie.
9 : ?

J'ai trouvé ce livre plus lent que les autres, Werber s'étale pour donner vie à tout son univers, mais parfois c'est trop long. Par exemple, dans le tome précédent, on pose une énigme au héros : C'est mieux que Dieu, pire que le Diable, les pauvres en ont, les riches en manquent, et si on en mange on meurt. Je connaissais déjà la réponse à cette énigme alors c'est hyper frustrant de voir le héros se démener à trouver la réponse pendant 800 pages.

Je vous avais dit que je connaissais déjà la fin du cinquième tome, et c'est décevant parce que tous les indices que Werber dissémine ici et là entre les pages me sautent aux yeux comme une évidence ! J'aurais aimé avoir la surprise finale, parce que pour une surprise c'est une surprise.

Jusque là je n'ai fait que souligner les défauts du livre, mais mon impression globale reste très positive (cela dit pas autant que pour les tomes précédents). Lire un Bernard Werber reste toujours un plaisir, et ces petits passages de l'Encyclopédie du Savoir Absolu et Relatif sont un régal.

En résumé : Pas aussi fascinant que les tomes précédents, et rien de très nouveau par rapport à Nous les Dieux.


Extraits
* "Comme il est désagréable d'être conscient."

* "La certitude c'est la mort de l'esprit."

Publié dans : Romans XXI°

le 9/1/11

http://milkymoon.cowblog.fr/images/nouslesdieux.jpgNous les dieux
Bernard Werber
2004

Quatrième de couverture
Et vous, que feriez-vous à la place de Dieu ?

Avis
Eh oui eh oui je continue sur ma lancée Werber avec le troisième tome des aventures de Michael Pinson, Raoul Razorback et toute la clique. Après avoir exploré le continent des morts et découvert l'Empire des anges, les voilà passés au stade de conscience 7 : des dieux. Ou plutôt des élèves-dieux. Ils apprennent auprès des Maîtres Dieux (les divinités de l'Olympe) à créer un monde, une faune et une flore, et gérer leur "troupeau" d'humains. C'est le jeu d'Y : force Attractive (proton), force Destructrice (électron), force Neutre (neutron). A la fin de chaque partie, les plus mauvais élèves-dieux sont éliminés, et à la fin il ne restera qu'un seul gagnant.

Dans ce tome le récit alterne encore une fois avec des extraits de l'Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu d'Edmond Wells, je trouve ces passages vraiment intéressants et remplis d'anecdotes. Ce que j'ai trouvé plus lourd, c'était le récit détaillé de chaque partie d'Y, comment chaaaque peuple évoluait. Après c'est amusant de remarquer que les peuples guidés par les élèves-dieux correspondent à des civilisations ayant réellement existé -ou pas- (mayas, égyptiens, mongols, atlantes, amazones...). Alors leur rôle est-il de réécrire l'histoire  de l'humanité sur Terre ?

Pas mal de questions restent en suspense quand on termine ce troisième tome : quelle est cette île mystérieuse ? qui se cache au somment de la montagne ? qui est le déicide ? qui sera le gagnant de la partie et que cela va-t-il impliquer ? et la relation avec Aphrodite ?

Si j'avais des reproches à faire à ce livre, ce serait d'une part comment est traité ce statut de dieu. Les élèves-dieux ont atteint un niveau de conscience 7, ils devraient être des super sages et pas des gamins de cours de récréation. De même pour les divinités de l'Olympe, ils sont totalement caricaturés. Alors dans le résumé quand on nous met en haleine avec la question "Et vous, que feriez-vous à la place de Dieu ?", je ne m'attendais pas à ça, plutôt à un truc plus philosophique. Mais bon, ptet' aussi qu'avec 5 ou 6 années en moins ça ne m'aurait pas gêné.
Et une petite erreur qui m'a fait sourire, parce que j'm'y connais un peu en mythologie quoi B-), Werber a confondu Cronos, père de Zeus, et Chronos, dieu du Temps.

Un paramètre très important à prendre en compte par rapport à mon opinion sur toute cette série de livres, c'est que je connais déjà le fin mot de l'histoire, le dénouement final, LA réponse à toute l'intrigue. On me l'avait raconté bien avant que je commence les livres. C'est un peu décevant de connaître la fin, surtout que je la trouve génialissime : j'aurais rêvé la découvrir au final pour terminer en beauté cette saga.

En résumé : Une bonne suite, mais je m'attendais à ce que le sujet sur le rôle de(s) dieu(x) soit traité différemment.


Extrait
"-Je n'ai pas parlé de religion, mais de spiritualité.
-Pour moi c'est pareil.
-Eh bien pour moi c'est l'exact contraire. La religion c'est le prêt-à-penser imposé à tout le monde, la spiritualité c'est une perception élevée de ce qui peut être "au-dessus de soi". Et pour chacun elle est différente."


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