"Voici toute ma politique : j'aime la musique ; la peinture ; un bon livre est un évènement pour moi." Le Rouge et le Noir - Stendhal

Publié dans : Poésie

le 4/12/10

http://milkymoon.cowblog.fr/images/FrancoisVillon.jpgPoèmes
François Villon
XVe


Challenge 1000 ans de littérature française : LC 2
Thème : François Villon et Clément Marot, deux poètes du XVe s.


Un billet un peu particulier pour cette deuxième lecture commune, puisque je n'ai pas lu une oeuvre particulière mais plusieurs poèmes de François Villon. Et pour un homme dont je n'avais jamais entendu parler, il y a de quoi dire ! Bookine (l'organisatrice du challenge, mais ça, tout le monde le sait ;)) nous en parle dans son billet de présentation (cf. lien au dessus), et je vais moi-même faire un petit état des lieux pour comprendre l'oeuvre de Villon.

I. Vie
Une vie très tumultueuse pour ce cher François Villon, ou plutôt François de Montcorbier, puisqu'il aurait emprunté le nom de "Villon" à son tuteur pour signer ses oeuvres. Il nait à Paris en 1431. Il serait impliqué dans toute une série de délits, allant de vols jusqu'à l'assassinat d'un clerc,(était-ce sous l'influence de la bande des "Coquillards" ?), ce qui lui valu plusieurs fois la prison et même l'exil. A l'heure actuelle, on ne sait pas comment s'est achevée sa vie, puisqu'il n'existe plus aucune trace de lui à partir de 1463. Cette disparition énigmatique a contribué à la légende de François Villon. Oui les amis, cet homme est une LEGENDE.

II. Oeuvre
Et je vais vous dire pourquoi. Parce que Villon a souvent mis sa propre vie en scène dans son oeuvre, en enjolivant ou noircissant certains détails. Si son oeuvre reprend les thèmes médiévaux courants, Villon se différencie des autres poètes de son temps du fait que ceux-ci n'ont pas connu un tel parcours chaotique, mais ont au contraire bénéficié de l'appui de grands seigneurs. L'oeuvre majeure de Villon est Le Testament, écrite en 1461, dans laquelle transparait sa sensibilié.  Il est considéré comme le premier "poète maudit", c'est à dire "un poète qui, incompris dès sa jeunesse, rejette les valeurs de la société, se conduit de manière provocante, dangereuse, asociale ou autodestructrice (en particulier avec la consommation d'alcool et de drogues), rédige des textes d'une lecture difficile et, en général, meurt avant que son génie ne soit reconnu à sa juste valeur" (ref.).

III. Influence
Villon a été une source d'inspiration pour de nombreux artistes, à commencer par Clément Marot, puis Rabelais. On fait un saut dans le temps et on retrouve Léo Ferré, et Georges Brassens qui ont mis respectivement la Ballade des pendus et la Ballade des dames du temps jadis en musique. Jean Teulé est l'auteur du livre "Je, François Villon", en j'en passe.

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Ce que j'ai lu

♠ Le Lais (ou Petit Testament), 1457
Villon se met en scène dans ce poème, où il énumère toutes sortes de dons loufoques destinés à ses ennemis ("Je laisse à mon barbier/Les rongnures de mes cheveux"). Dans ce poème il prend congé pour s'en aller, ce qui fait écho à un épisode de sa vie (un cambriolage). C'est écrit dans un français du XVe siècle, il n'y a pas encore de règles de grammaires fixes, donc parfois ça donne des choses assez étranges ; avec des y et de z partout. A part ça, c'est assez répétitif et on ne comprend pas toujours toutes les allusions, mais ça reste sympa.

♠ Ballade des dames du temps jadis, 1461
Cette ballade fait partie du Testament. On y trouve une énumération de femmes mythologiques ou historiques ; le narrateur se demande où elles sont  (répétition de "Où sont les fleurs d'antan ?"), puis s'adresse à un prince qui voudrait les chercher qu'elles ne sont plus (la chute du poème). Un joli rythme pour cette ballade j'ai trouvé.

♠ Ballades des pendus, 1463
Ici ce sont des morts qui s'adressent aux vivants ("Frères humains qui après nous vivez"). On a une description très sympathique des corps desdits pendus en train de pourrir et d'être dévorés par les oiseaux. Ils en appellent à la charité chrétienne des vivants, avec la répétition à la fin de chaque strophe de "Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!". Bien aimé cette ballade, le thème, ainsi que l'idée de faire parler des morts ; c'est à dire une barrière temporelle qui disparaît.

En résumé : J'ai découvert une figure majeure de la littérature, qui a exercé une grande influence auprès des artistes, de son temps comme du notre.


Extraits du Lais
* "Au fort, je suys amant martir,
    Du nombre des amoureux sains."


* "Item, je laisse a mon barbier
    Les rongnures de mes cheveux"


Publié dans : Poésie

le 25/10/09

http://milkymoon.cowblog.fr/images/Livres/spleen.jpgLe Spleen de Paris
Petits poèmes en prose

Charles Baudelaire
1869

Quatrième de couverture
Lorsqu'il commence à publier ses petits poèmes en prose dans les revues et les journaux, Baudelaire a beau les qualifier modestement de "bagatelles", il a pleinement conscience de ce qu'ils ont de singulier. Et nous le savons mieux désormais, ce qui s'inaugure de manière capitale dans ces textes qui visent à capter l'étrangeté du quotidien de son temps, ce n'est rien moins qu'une forme littéraire nouvelle. Rimbaud et Mallarmé vont s'en souvenir très vite - et bien d'autres après eux.
Bien que le poète y songeât depuis 1857, l'année des Fleurs du Mal, Le Spleen de Paris ne parut que deux ans après sa mort, en 1869. Ses poèmes en prose constituaient pourtant à ses yeux le "pendant" de ses pièces en vers, et les deux livres, en effet, se font écho à maints égards. Mais, à la différence des Fleurs du Mal, ce n'est pas ici un recueil composé qui nous est offert : un espace de liberté, bien plutôt, où le flâneur témoigne d'un nouveau regard venu à l'homme moderne pour lequel la réalité multiplie ses images...

Avis
Baudelaire a la capacité de saisir un instant du quotidien et le transformer en poésie, une poésie en prose dont il est à l'origine. Il s'est d'ailleurs inspiré à la base d'Aloysius Bertrand. J'aime plus particulièrement la poésie moderne, libérée des règles strictes. Peut-être parce qu'elle se rapproche plus de ce que je connais, qu'elle est plus compréhensible et que je savoure bien mieux ses mots. Ce recueil est un billet vers l'au-delà. Romain Gary écrit dans La vie devant soi que "c'étaient les poètes qui assuraient l'autre monde" ; ce recueil en est un magnifique exemple. Parmis les 50 poèmes voici ceux que j'ai préférés :

* La chambre double
* Les foules
* Un hémisphère dans une chevelure
*  Les projets
* Les yeux des pauvres
* Le galant tireur
* Any where out of the world

En résumé : J'ai particulièrement aimé cette poésie en prose, et les poèmes tournant autour du voyage et de l'évasion. Ce recueil a quelque chose d'exotique.


Extrait
" Qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance ?"

Publié dans : Poésie

le 4/10/09

http://milkymoon.cowblog.fr/images/Livres/APO.png Poèmes
Guillaume Apollinaire
Recueil posthume

Quatrième de couverture
Son oeuvre poétique fait aujourd'hui partie de notre patrimoine le plus précieux, non seulement dans le domaine du livre, non seulement dans les bibliothèques publiques, non seulement sur la table de chevet de tous les lettrés jeunes et vieux, mais dans la poésie orale, dans la récitation, le chant, le disque et la radio, voir la télévision et le cinéma. Guillaume Apollinaire est le dernier en date des poètes dont les jeunes gens et jeunes filles savent des vers par coeur.

Avis
Tout d'abord j'avais une vieille édition, donc le résumé est plus tout à fait d'actualité. Passons dans le vif du sujet : ce recueil rassemble plusieurs "catégories" de poèmes : Le bestiaire, Alcools, Vitam impendere amori, Calligrammes, Il y a, Poèmes à Lou, Le guetteur mélancolique, Poèmes à Yvonne, Poèmes à Madeleine, et quelque autres. Un petit coup de coeur pour Le bestiaire d'ailleurs. Verlaine disait : "De la musique avant toute chose, et pour cela préfère l'impair." Cette poésie moderne, qui s'émancipe de la forme stricte, où le visuel est aussi important que les mots (calligrammes), reste magique. J'ai trouvé ici un homme terriblement sensible, un poète.

En résumé : Beaucoup aimé l'univers qui se dégage de tous ces poèmes, et la sensibilité d'Apollinaire.
 

Extrait du Bestiaire (ou Cortège d'Orphée)

LE POULPE

Jetant son encre vers les cieux,              
Suçant le sang de ce qu'il aime               
Et le trouvant délicieux,                        
Ce monstre inhumain, c'est moi-même.  

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