"J'ai le verbe froid comme la mort." Journal d'Hirondelle - Nothomb

Publié dans : Biographie/Témoignage

le 16/9/09

http://milkymoon.cowblog.fr/images/Livres/sabotage.jpg Le Sabotage Amoureux
Amélie Nothomb
1993

Quatrième de couverture
Saviez-vous qu'un pays communiste, c'est un pays où il y a des ventilateurs ? Qu'un vélo est en réalité un cheval ? Vous l'apprendrez, et bien d'autres choses encore, dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d'amour authentique. Un sabotage amoureux : sabotage, comme sous les sabots d'un cheval qui est un vélo...

Avis
Le Sabotage Amoureux s'inscrit comme la suite de Métaphysique des Tubes, puisque c'est encore un roman autobiographique. La petite Amélie a dû quitter son Japon bien-aimé et découvre en Chine le communisme, la guerre, l'amour.. J'ai retrouvé le style d'Amélie Nothomb que j'aimais tant. Dans l'histoire, j'ai trouvé qu'elle dépeignait les enfants comme super hypocrites, méchants, surtout Elena. Cette fille aurait été exactement le genre d'enfants qui m'auraient fascinée à la maternelle. Belle, inaccessible, secrète, cassante, sèche. Personnage très très intéressant et c'est ce qui me plaît.

En résumé: Un Amélie Nothomb qui est toujours aussi bon à lire, après ses autobiographies ne sont pas mes livres préférés.


Extraits
* "Rien n'était plus agréable que d'avoir trop d'air dans le cerveau."

* "La prétention fait écrire."

* "Sur terre, personne n'est indispensable, sauf l'ennemi."

* "Ce sinistre accident qu'est la vie."

* "Un champignon atomique de confettis charnels"

* "J'ai remplacé Pékin par du papier blanc et le cheval par de l'encre."

* "- Il faut que tu m'aimes.
Elle daigna me regarder, mais c'était un regard dont je me serais passée. Elle eut un petit rire méprisant. Il était clair que je venais de dire une idiotie. Il fallait donc lui expliquer pourquoi ce n'en était pas une :
- Il faut que tu m'aimes parce que je t'aime. Tu comprends ?
Il me semblait qu'avec ce supplément de données tout rentrerait dans l'ordre. Mais Elena se mit à rire plus fort.
Je ressentis une blessure confuse.
- Pourquoi tu rigoles ?
D'une voix sobre, hautaine et amusée, elle répondit :
- Parce que tu es bête.
Ainsi fut accueillie ma première déclaration d'amour."

* "Ils naissaient avec, entre les jambes, cette chose grotesque dont ils étaient pathétiquement fiers, ce qui les rendait encore plus ridicules."

* "Nous avions découvert la pierre philosophale du vomi : un mélange d'huile de salade et de café soluble."

* "Il n'y avait pas de discussion possible. C'étaient les parents qui possédaient la nourriture, les lits et les voitures. Pas moyen de désobéir. Nos généraux eurent néanmoins le cran de faire valoir que nous avions besoin d'ennemis.
- Pourquoi ?
- Mais pour la guerre !
Nous n'en revenions pas que l'on pût poser une question aussi tautologique.
- Vous avez vraiment besoin de guerre ? demandèrent-les adultes avec un air accablé.
Nous comprîmes à quel point ils étaient dégénérés et nous ne répondîmes pas."

* "Tu veux que je me sabote pour toi ? C'est merveilleux. C'est digne de toi et digne de moi. Tu verras jusqu'où j'irai."

* "Qu'est-ce qu'une fleur ? Un sexe géant qui s'est mis sur son trente et un."

* "Il arrive que l'orgueil fasse perdre le sens de la dignité."

Vos élucubrations

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Par Arsenic le 16/9/09
C'est drôle, en te lisant on a l'impression d'un espèce de bréviaire plutôt que d'un livre cohérent.
Par Raison-et-sentiments le 17/9/09
C'est un peu normal qu'on ait l'air de lire un bréviaire puisque ce sont là des extraits pris dans le livre et pas à des moments qui se suivent ...
Bref tu me donne envie de le relire celui-là ! Je crois que c'est l'un des rares que je n'ai lu que deux fois.
Par Akkantha le 17/9/09
Il faut se méfier des impressions cher(e) ami(e). Cela dit, j'admets qu'on puisse avoir cette impression x).
En résumé : Le récit d'un homme étranger à la société et à lui-même, victime de l'absurdité de son époque. Beaucoup aimé, surtout la fin. Du grand art je l'admets.
Je crois que le mieux pour parler de ce livre est de commencer par sa source d'inspiration.
Nous lecteur, on connait les circonstances de son acte, et on ne peut pas voir ce procès autrement que comme une énorme injustice, et ç'en est risible vu les preuves pathétiques de sa culpabilité (le fait qu'il n'ait pas pleuré à l'enterrement de sa mère des mois auparavant).
 

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