"Croyez-vous que les hommes aient toujours été menteurs, fourbes, perfides, ingrats, brigands, faibles, volages, lâches, envieux, gourmands, ivrognes, avares, ambitieux, sanguinaires, calomniateurs, débauchés, fanatiques, hypocrites et sots ?" Candide - Voltaire

Publié dans : Biographie/Témoignage

le 29/11/09

http://milkymoon.cowblog.fr/images/Livres/nothomb-copie-1.jpgMétaphysique des tubes
Amélie Nothomb
2000
 
Quatrième de couverture
Parce qu'elle ne bouge pas et ne pleure pas, se bornant à quelques fonctions essentielles - déglutition, digestion, excrétion -, ses parents l'ont surnommée la Plante.
L'intéressée se considère plutôt, à ce stade, comme un tube.
Mais ce tube, c'est Dieu.
Le lecteur comprendra vite pourquoi, et apprendra aussi que la vie de Dieu n'est pas éternelle, même au pays du Soleil levant...

Avis
Au début je dois dire que cette "théorie" du tube me paraissait un peu étrange, d'autant plus qu'il ne se passait rien. Amélie est comme un légume. Mais soudain grâce au chocolat de sa grand-mère, elle prend enfin vie, et là ça devient nettement plus intéressant. Un récit autobiographique de ses 3 ans c'est original, le tout dans un cadre japonais magnifique. Personnellement je ne me souviens pas aussi bien de ma vie à cet âge là. La dernière phrase du livre est encore une fois excellente, comme pour Journal d'Hirondelle. En gros toute la vie d'Amélie se résume à ses 3 ans, après ça n'a plus d'importance. Et pourtant y'a quand meme eut une suite à son récit : si on suit l'ordre chronologique, Métaphysique des tubes précède Le sabotage amoureux. Bien que j'adore l'écriture d'Amélie Nothomb, ces deux livres autobiographiques ne sont pas mes préférés de l'auteur. (voir Hygiène de l'Assassin).

En résumé : Un Amélie Nothomb toujours aussi génial à lire, mais je préfère ses romans à ses autobiographies.


Extrait
" Ensuite, il ne s'est plus rien passé."

Publié dans : Romans XIX°

le 12/10/09

http://milkymoon.cowblog.fr/images/Livres/hugo.gif Le dernier jour d'un condamné
Victor Hugo
1829
 
Résumé
Ce livre se présente comme le journal du condamné à mort qu'il a tenu pendant ses quelques semaines d'emprisonnement jusqu'au moment de sa mort. On remarque que c'est un homme lettré, il ne laisse pas du tout soupçonner qu'il ai pu commettre un crime dont il se reconnait lui-même coupable.

Avis
Ce que j'ai aimé dans ce livre, c'est qu'on ne sait pas de quoi est accusé le personnage, du coup on ne prend pas parti dans le fait si oui ou non il mérite d'être condamné à mort. Le condamné ne conteste pas qu'il est coupable, contrairement au Procès de Kafka où là Joseph n'est coupable de rien. Ici on a simplement ses pensées mises à nues, celles d'un être humain, "une dissection à vif sur le cerveau d’un condamné" (Sainte-Beuve). Et cela nous rappelle que tout homme condamné à n'importe quelle faute est avant tout un être humain qui a eu une vie comme la notre avant. Hum c'est surement mon coté bisounours qui ressort désolée. Mais heureusement qu'il y a eu des hommes comme Hugo qui se sont engagés dans leur écriture pour défendre une cause qui leur semblait juste, cela dit toutes les causes ne sont bonnes à être défendues.
La fin du livre me rappelle celle de Journal d'Hirondelle, (il faut considérer à quel moment le texte s'arrête). J'avais l'impression d'être le personnage, dont pourtant on ignore l'identité. J'ai eu l'impression que sa vie était la mienne, quand jai refermé le livre c'était un peu comme si j'étais morte. Hugo ne voulait pas qu'on puisse s'attacher au héros, car il devait représenter tous les accusés. Pari gagné.

Y'a pas mal d'endroits sur le net où on peut trouver les textes en intégralité, j'vous mets celui-ci parce que je sais que vous aurez la flemme de chercher :]
 
En résumé : Un des récits les plus marquants, les plus touchants que j'ai pu lire. J'ai trouvé la fin magnifiquement écrite.
 
 

Publié dans : Romans XXI°

le 7/10/09

http://milkymoon.cowblog.fr/images/Livres/nothomb.jpg Journal d'Hirondelle
Amélie Nothomb
2006

Quatrième de couverture
C'est une histoire d'amour dont les épisodes ont été mélangés par un fou.

Avis
Celui là aussi c'est du pur résumé. Précisons un peu : Urbain ne ressent plus rien, il est devenu insensible. Parfait pour devenir tueur à gage. Mais en tombant sur le journal d'une de ses victimes, un journal qui semble en intéresser plus d'un, ses sentiments vont se réveiller.
J'ai découvert Amélie Nothomb grâce à ce livre, et tout de suite ça m'a fait une forte impression. Vif, intelligent, original, j'ai beaucoup aimé le personnage d'Urbain, sa répartie, quoi que la répartie chez Nothomb j'adore forcément. En fin de compte c'est une histoire bizarre mais touchante, il tombe amoureux d'une fille inconnue qu'il a tué, grâce à son journal. On ne connait pas son vrai nom, au début il choisit Urbain ; il frappe en ville. Lorsqu'on le prend, il devient Innocent, comme le pape, et surtout comme un innocent. La fin est juste génialissime, j'en ai jamais lu de meilleure. J'aime aussi le fait que le titre du "vrai" livre soit en référence à un livre dans l'histoire (ici un journal), comme avec Hygiène de l'assassin ; une sorte de mise en abîme vous voyez.

En résumé : Mon premier livre d'Amélie Nothomb : tout simplement excellent.
 

Extraits
* "J'ai le verbe froid comme la mort."

* "Où le snobisme ne va-t-il pas se nicher ?"

* "Il y a des beautés qui sautent aux yeux et d'autres qui sont écrites en hiéroglyphes : on met du temps à déchiffrer leur splendeur mais quand elle est apparue, elle est plus belle que la beauté."

* "Ce texte s'arrêtera au moment exact de ma mort."

Publié dans : Romans XX°

le 24/9/09

http://milkymoon.cowblog.fr/images/Livres/HygieneAssassin.jpg Hygiène de l'assassin
Amélie Nothomb
1992

Quatrième de couverture
Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n'a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l'écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvais foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c'est qu'aucune forme ne s'apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l'interrogatoire, à un duel sans merci. Dans ce premier roman d'une extraordinaire intensité, Amélie Nothomb manie la cruauté, le cynisme et l'ambiguïté avec un talent accompli.

Avis

Alors voilà, il faut savoir que ce roman m'a laissée bouche bée, il m'a sincèrement bluffée. Je n'avais jamais rien lu d'aussi bon, d'aussi proche de ce que je pouvais espérer d'un roman. J'ai été admirative, et depuis je le suis toujours, de l'écriture d'Amélie Nothomb. Ce roman, quand je l'ai lu, coincidait avec ma conception des choses ; c'est pour ça je pense qu'à ce jour il est mon préféré, largement au dessus de tous les autres. Un duel de mots, un duel d'esprit, EXCELLENT.

En résumé : Juste excellent, mon livre préféré.


Extraits
* "Voyez-vous ça. Cher monsieur, je crois que votre système est foireux, si j'en juge d'après la débilité de vos conclusions."

* "Si vous voulez connaître la lie des sentiments humains, penchez-vous sur les sentiments que nourrissent les femmes envers les autres femmes : vous frissonnerez devant tant d'hypocrisie, de jalousie, de méchanceté, de bassesse."

Publié dans : Biographie/Témoignage

le 16/9/09

http://milkymoon.cowblog.fr/images/Livres/sabotage.jpg Le Sabotage Amoureux
Amélie Nothomb
1993

Quatrième de couverture
Saviez-vous qu'un pays communiste, c'est un pays où il y a des ventilateurs ? Qu'un vélo est en réalité un cheval ? Vous l'apprendrez, et bien d'autres choses encore, dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d'amour authentique. Un sabotage amoureux : sabotage, comme sous les sabots d'un cheval qui est un vélo...

Avis
Le Sabotage Amoureux s'inscrit comme la suite de Métaphysique des Tubes, puisque c'est encore un roman autobiographique. La petite Amélie a dû quitter son Japon bien-aimé et découvre en Chine le communisme, la guerre, l'amour.. J'ai retrouvé le style d'Amélie Nothomb que j'aimais tant. Dans l'histoire, j'ai trouvé qu'elle dépeignait les enfants comme super hypocrites, méchants, surtout Elena. Cette fille aurait été exactement le genre d'enfants qui m'auraient fascinée à la maternelle. Belle, inaccessible, secrète, cassante, sèche. Personnage très très intéressant et c'est ce qui me plaît.

En résumé: Un Amélie Nothomb qui est toujours aussi bon à lire, après ses autobiographies ne sont pas mes livres préférés.


Extraits
* "Rien n'était plus agréable que d'avoir trop d'air dans le cerveau."

* "La prétention fait écrire."

* "Sur terre, personne n'est indispensable, sauf l'ennemi."

* "Ce sinistre accident qu'est la vie."

* "Un champignon atomique de confettis charnels"

* "J'ai remplacé Pékin par du papier blanc et le cheval par de l'encre."

* "- Il faut que tu m'aimes.
Elle daigna me regarder, mais c'était un regard dont je me serais passée. Elle eut un petit rire méprisant. Il était clair que je venais de dire une idiotie. Il fallait donc lui expliquer pourquoi ce n'en était pas une :
- Il faut que tu m'aimes parce que je t'aime. Tu comprends ?
Il me semblait qu'avec ce supplément de données tout rentrerait dans l'ordre. Mais Elena se mit à rire plus fort.
Je ressentis une blessure confuse.
- Pourquoi tu rigoles ?
D'une voix sobre, hautaine et amusée, elle répondit :
- Parce que tu es bête.
Ainsi fut accueillie ma première déclaration d'amour."

* "Ils naissaient avec, entre les jambes, cette chose grotesque dont ils étaient pathétiquement fiers, ce qui les rendait encore plus ridicules."

* "Nous avions découvert la pierre philosophale du vomi : un mélange d'huile de salade et de café soluble."

* "Il n'y avait pas de discussion possible. C'étaient les parents qui possédaient la nourriture, les lits et les voitures. Pas moyen de désobéir. Nos généraux eurent néanmoins le cran de faire valoir que nous avions besoin d'ennemis.
- Pourquoi ?
- Mais pour la guerre !
Nous n'en revenions pas que l'on pût poser une question aussi tautologique.
- Vous avez vraiment besoin de guerre ? demandèrent-les adultes avec un air accablé.
Nous comprîmes à quel point ils étaient dégénérés et nous ne répondîmes pas."

* "Tu veux que je me sabote pour toi ? C'est merveilleux. C'est digne de toi et digne de moi. Tu verras jusqu'où j'irai."

* "Qu'est-ce qu'une fleur ? Un sexe géant qui s'est mis sur son trente et un."

* "Il arrive que l'orgueil fasse perdre le sens de la dignité."

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